Rolf Iseli

Pour son exposition d’été, la Fondation Louis Moret offre une immersion au cœur de l’œuvre sur papier de Rolf Iseli, oscillant entre figuration et expression pure, des années 1970 à nos jours.

 

En ce début juin, la lumière matinale révèle autrement les œuvres vues à l’atelier de Berne. Toutes ont trouvé leur place très naturellement dans cet espace ouvert, où la glycine projette son ombre sur les murs.

Un « autoportrait aux allumettes » nous introduit  avec un clin d’œil pop au sein de l’espace. De la lithographie à la pointe sèche, de l’intégration de matériaux naturels dans la surface de l’oeuvre, jusqu’aux travaux plus récents empreints d’une radicalité essentielle, le parcours suit les explorations d’un artiste magicien, bricoleur et terrien, pour qui le processus créatif a la valeur d’une expérience presque mystique et toujours renouvelée. L’accrochage, conçu étroitement avec l’artiste, révèle un travail cohérent, au fil des époques, des langages et des techniques. S’y alternent densité et raréfaction, griffures acérées et accents de couleurs lumineuses, puissance du geste et délicatesse de la palette des gris. Un cheminement qui confirme un œuvre d’une grande vitalité et cohérence, en prise avec les accidents de la vie, reflet des mouvements de l’âme, témoin d’une beauté originaire marquée par les blessures du monde.

Rolf Iseli aura indéniablement apporté une contribution essentielle à la peinture suisse d’après-guerre, traversé les avant-gardes et les débats entre figuration et abstraction. Proche de la pensée zen, il aura aussi été sensible au monde qui l’entoure, à l’écoute des préoccupations politiques et écologiques plus actuelles. Et pourtant, son œuvre, rebelle, semble échapper à toute catégorie : il demeure inclassable, en perpétuelle évolution, jamais abouti.

Depuis toujours l’artiste interroge l’antithèse et la synthèse entre l’être humain et la nature, le réel et l’imaginaire, avec humilité, dans un éternel recommencement.

Lorsque, dans son atelier il me montre ses derniers grands formats, il ferme les yeux et semble entrer dans la surface de l’œuvre : « je ne trace plus la ligne, je suis la ligne ». Mais une ligne ouverte, qui ne sait pas encore où elle se terminera. Ouverte et changeante. Comme les nuages.

Antonia Nessi, juin 2026

 
Gregorio Pedroli

Vernissage le 21 mars, à 17:00

Cette exposition s’inscrit dans le programme du Printemps des musées.

Gregorio Pedroli

« Ce Printemps des Musées coïncide avec le retour en Valais d´un artiste tessinois dont le travail s´inscrit si bien dans la ligne curatoriale de la Fondation Louis Moret.

Après l’exposition de 2013, Gregorio Pedroli revient à Martigny pour présenter des œuvres récentes qui nous émerveillent autant qu’elles nous interrogent. Avec sensibilité et ironie, l’artiste mène une réflexion autour du rôle de la peinture dans la société contemporaine.

Une pointe d´inquiétude nous saisit face aux œuvres de Gregorio Pedroli. Sensation rapidement démentie et contrebalancée par une impression d´insouciance.

Cette oscillation entre deux états d´âme émane d’une tension interne au tableau constamment recherchée par l´artiste et exprimée grâce à deux registres picturaux différents.

On y retrouve un style minimaliste qui fait appel à la géométrie, aux contours nets, aux lignes droites, mais aussi des signes d’une autre nature, plus expressifs, nerveux et apparemment moins médités : taches, bavures, flous…

Cette ambivalence se retrouve également dans le choix de la technique et des moyens picturaux utilisés.
La peinture à l’huile traditionnelle appliquée au pinceau génère de la profondeur par l’effet de transparence de ses nombreux glacis aux longs temps de séchage. Elle favorise une lecture lente, presque immersive, du tableau. Tandis que des moyens « plus immédiats », tel que le feutre ou les pochoirs, sont utilisés pour donner vie à des signes et à des formes marquées qui se détachent soudain visuellement du fond et semblent avancer, faisant irruption dans la sphère du·de la spectateur·rice. » […]

Curatoriat et texte: Marta Spagnolello

PROGRAMME DU PRINTEMPS DES MUSEES:

10h30          Jeunes Archéologues

11h15          Musée des Sciences de la Terre

12H à 13H30          Pause

13h30          Médiathèque

14h15          Trajet en baladeur

14h30          Fondation Pierre Gianadda

15h30          Barryland

16h15          Trajet en baladeur et goûter

17h          Fondation Louis Moret (vernissage)

17h45          Trajet en baladeur

18h          Manoir de la Ville et Musée du Son

19h          Apéritif pour clôturer la journée